Qu’attendez-vous après la chute du gouvernement de François Bayrou ?
Qui dit chute du Premier ministre dit chute du ministre en charge des Transports. En deux ans, nous aurons eu cinq interlocuteurs différents. Est-ce sérieux pour pouvoir travailler correctement ? La réponse est non. Ce que nous attendons de ce nouveau changement de gouvernement, c’est plus de justice sociale. Les seconds de cordée, malgré les promesses présidentielles, n’ont rien vu venir, bien au contraire.
Comment se positionne le syndicat FO Transports et Logistique face au mouvement Bloquons tout ! du 10 septembre ?
Nous n’appelons pas nos adhérents à participer aux initiatives du 10 septembre. Nous nous concentrons sur l’action syndicale. Pour FO Transports et Logistique, cette initiative part un peu dans tous les sens, même si nous nous rejoignons sur les revendications sociales. Après, chacun de nos adhérents fera ce qu’il veut en son âme et conscience.
Vous appelez à la mobilisation le 18 septembre, comment sentez-vous cette colère sociale monter, à la Fédération ?
Les salariés ne peuvent plus vivre dignement de leur travail et de leur salaire, voilà ce que nous constatons. Il y a de la colère qui monte contre les injustices sociales. En fin de semaine, nous aurons la tendance de la mobilisation dans le secteur du transport.
Pas simple de transformer cette colère en action : le secteur du transport routier de marchandises se mobilise peu. Qu’attendez-vous de cette journée du 18 septembre ?
Pas simple en effet de mobiliser lorsqu’une action débute en milieu de semaine (comme pour le 18 qui sera un jeudi). Elle peut empêcher les conducteurs de rentrer chez eux par exemple. Les autres secteurs du transport bougeront. Nous espérons tout de même une forte mobilisation pour le 18 septembre et une semaine noire dans les transports en octobre. Les adhérents débattent de l’opportunité du 10 et du 18 septembre, faut-il y aller ? Pourquoi se mobiliser puisque François Bayrou sera tombé ? Mais plus qu’un changement d’homme, il faut un changement de cap politique. Nous discutons parallèlement avec les autres fédérations pour envisager la suite.
Hier, le délégué général de l’OTRE Jean-Marc Rivera disait que la baisse de la consommation a un effet immédiat et direct sur le transport routier. Qu’en pensez-vous ?
La France ne disposant plus d’industrie, la croissance est tenue par la consommation, et pour augmenter cette consommation, il faut augmenter les salaires, donc pas d’année blanche en ce qui concerne les rémunérations. Nous aurons l’occasion d’en discuter avec Jean-Marc Rivera pendant les négociations annuelles obligatoires. Il faut mener une politique de l’offre, et aussi mieux réglementer le transport routier européen afin d’éviter la concurrence déloyale.