Tensions croissantes en mer de Chine méridionale

Gardes-côtes Philippines

Le nouvel accrochage survenu le 5 mars près du récif disputé de Second Thomas, théâtre régulier d'incidents, fait en réalité suite à plusieurs incidents similaires ces derniers mois entre les deux pays.

Après la mer Noire sous blocus maritime russe et la mer Rouge en proie à une piraterie politique, les tensions en mer de Chine méridionale, point d'entrée et de sortie des marchandises de la seconde puissance économique mondiale, sont croissantes en raison de différends et ambitions maritimes entre la Chine et les Philippines.

Ces derniers mois, les tensions entre la Chine, qui ne cache plus ses prétentions, et les Philippines ont atteint des niveaux inégalés. Le nouvel accrochage survenu le 5 mars près du récif disputé de Second Thomas, théâtre régulier d'incidents, fait en réalité suite à plusieurs incidents similaires ces derniers mois entre les deux pays.

Les garde-côtes philippins ont accusé cette fois leurs homologues chinois d'avoir provoqué des collisions avec deux de leurs embarcations et d'avoir blessé quatre employés avec des canons à eau, en marge d'une mission de ravitaillement.

De son côté, Pékin rend les forces philippines, soutenues par Washington, responsables en ayant "volontairement" percuté un navire chinois pour provoquer un incident après leur "intrusion" dans la zone, dont ses eaux au demeurant contestées.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, y compris des eaux et des îles proches des côtes de plusieurs pays voisins, au mépris d'une décision d'un tribunal international en date de 2016 qui avait jugé ces prétentions sans fondement juridique.

Les Philippines, Brunei, la Malaisie, Taïwan et le Vietnam revendiquent également plusieurs récifs et îlots dans cette mer, dont certaines zones pourraient receler de riches réserves de pétrole.

Le soutien américain aux Philippines critiqué

Ces rivalités débordent du seul cadre régional. Le pays de Xi Jinping accuse les États-Unis de soutenir plus largement les nations ayant des revendications territoriales rivales aux siennes afin de contrer la montée en puissance chinoise.

"La Chine recommande aux États-Unis de ne pas utiliser les Philippines comme un pion afin de générer des troubles en mer de Chine méridionale", a réagi de façon explicite Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les États-Unis ont pris parti pour les Philippines après le dernier incident en mer, en accusant notamment les gardes-côtes chinois d'avoir effectué des manœuvres dangereuses. Dans ce contexte, les Philippines ont conclu des accords militaires avec les États-Unis et l'Australie.

L'Asean appelle à la stabilité

Les dirigeants des pays d'Asie du sud-est (Asean) et de l'Australie ont mis en garde, le 6 mars, contre "toute action unilatérale qui menacerait la paix, la sécurité et la stabilité dans la région", où les offensives de plus en plus marquées de Pékin suscitent l'inquiétude.

Réunis à Melbourne depuis le 4 mars, ils reconnaissent "les avantages de la mer de Chine méridionale en tant que mer de paix, de stabilité et de prospérité".

Les Philippines ont indiqué pour leur part avoir convoqué le représentant chinois à Manille.

Depuis plusieurs années, la Chine pratique une stratégie maritime agressive et méthodique d’expansion territoriale qui passe aussi par le contrôle des océans, avait alerté il y a quelques mois Antoine Bondaz, spécialiste de l'Asie.

La rédaction (avec citations de l'AFP)

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