Transite par ce point névralgique près de 20 % de la production mondiale de pétrole brut, provenant d’Iran, des Emirats Arabes Unis, du Koweït et d’Irak. Le trafic des tankers, chargés de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), est donc stoppé. Les principales compagnies maritimes, CMA-CGM, Maersk, MSC, Hapag-Lloyd, ont suspendu leurs escales et redirigé leurs navires vers des zones d'abri plus sûres.
On dénombrerait environ 170 porte-conteneurs dans l’impossibilité de sortir du Golfe Persique. Les grands armateurs ont annoncé dès la fin de semaine dernière qu'ils reprenaient la route maritime sud passant par le cap de Bonne-Espérance.
L'économie internationale est donc affectée par ce conflit, et l'Europe ne déroge pas à cette évidence. Les transporteurs routiers le savent déjà, qui ont vu le prix du gasoil repartir à la hausse. Il reste maintenant à connaître sa durée pour en mesurer l'impact économique.
Le prix du brent décolle
« L'escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l'Iran a immédiatement provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux de l'énergie, constate Christian Dolderer, analyste chez Transporeon. Avec le détroit d'Ormuz, qui représente environ 20 % du trafic maritime mondial de pétrole, effectivement bloqué, les marchés européens des carburants se préparent à subir une pression importante sur les coûts. Les exploitants de flottes européennes sont désormais confrontés à la perspective d'un baril de brut avoisinant les 100 dollars, ce qui pourrait se traduire par une augmentation de 0,12 à 0,15 euro par litre du coût des matières premières et une hausse du prix de détail du diesel de 0,20 à 0,30 €/l en quelques semaines ».
Trois scénarios possibles
« Les analystes du marché pétrolier envisagent trois scénarios en Europe, poursuit l’analyste. Une désescalade rapide pourrait stabiliser le Brent entre 80 et 85 $, même si une « prime de guerre » structurelle pourrait persister tout au long de l'été. Une perturbation à moyen terme poussant le Brent à 90-100 $ maintiendrait la volatilité des prix à la pompe et ajouterait une pression inflationniste. Enfin, une fermeture prolongée du détroit bloquerait les exportations du Moyen-Orient et ébranlerait le marché pétrolier, ce qui pourrait faire passer le prix du brut au-delà de 125 $ le baril et déclencher une flambée des prix du diesel, avec des répercussions sur les chaînes d'approvisionnement européennes ».
Crédit photo : Transporeon
L'Opep, qui a augmenté sa production de pétrole de 206 000 barils par jour depuis le deuxième jour de guerre, contribue toutefois à modérer cette hausse de prix.
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