Camion de chantier : benner avec une remorque ? Rien de plus simple...
Publié le : Par : Pascal StichLecture : 1 min.
Phase 1, on benne la remorque. Ici avec un ensemble néo-zélandais composé d’un porteur 6x4 UD (anciennement Nissan Diesel) et d’une remorque à essieux centraux.
En benne, la formule « porteur-remorqueur » n’est guère pratiquée en France, mais elle l’est dans d’autres pays. Question : comment benner le porteur sans dételer la remorque ? Démonstrations par l’image. Et, à la fin de l’article, une curiosité, voire une énigme...
Pour benner un porteur-remorqueur sans dételer la remorque, il suffit de prévoir un timon d’attelage assez long sur le camion-benne et de disposer d’un peu d’espace pour manœuvrer : on vide la remorque en premier, puis on « casse » l’ensemble de manière à pouvoir approcher l’arrière du porteur au point de déchargement. Évidemment, c’est plus facile avec une remorque à essieux centraux qu’avec une remorque à avant-train, mais ce n’est qu’une question de pratique. Quelques exemples ci-dessous avec des ensembles néo-zélandais et américains. Et pour finir, un B-train suédois qui pose question...
Phase 2, on « casse » l’ensemble de manière à décentrer la remorque ce qui permet de benner le porteur. Crédit photo : Precision Earthworks and Retaining
Même opération, toujours en Nouvelle-Zélande, mais cette fois avec une remorque plus longue, à 4 essieux et avant-train. Une configuration très maniable en marche avant mais plus difficile à manœuvrer en marche arrière. Le long timon d’attelage permet de dégager suffisamment la remorque pour laisser de l’espace afin de reculer et benner le porteur. Le camion est ici un Hino. Crédit photo : D.R.
Aux États-Unis cette fois, le très long timon de cette remorque à avant-train permet cette position extrême qui la place parallèlement au porteur, un Peterbilt. On observera toutefois qu’ici, s’agissant d’un ensemble de type transfer dump, la benne de la remorque ne peut être vidée qu’après avoir été transférée (glissée) dans la benne du porteur, déchargée au préalable. La remorque étant dépourvue de système de basculement (pour plus d’explications, voir France Routes n°508-509 de juillet-août 2024). Crédit photo : D.R.
Autre solution, pour des ensembles à plusieurs bennes, comme ici un train-double australien emmené par un tracteur Kenworth, le bennage latéral.
Crédit photo : D.R.
Même facilité avec ce B-train canadien construit par K-Line dont la cinématique du système de basculement permet de benner d’un côté comme de l’autre. Crédit photo : K-Line Trailers Ltd
Enfin, l’énigme : voici un ensemble suédois dont les bennes calorifugées sont conçues pour le transport d’enrobés. Mais quel est l’intérêt, dans ce cas, de la formule B-train ? Seule la dernière benne peut alimenter le finisseur (en souhaitant au conducteur de ne pas avoir à reculer sur une trop longue distance...). Et comment vide-t-on la première ? Sauf à dételer, je ne vois pas. Ce qui implique tout de même beaucoup de manœuvres, du temps et de l’espace. Maintenant, si la centrale à enrobé est très éloignée du chantier, ça peut tout de même être valable.
Crédit photo : Parator Industrie AB