En France, les immatriculations de VI neufs de plus de 5 t ont fortement baissé, passant de 48 486 unités en 2024 à 44 119 en 2025, un différentiel négatif de près de 4 367 véhicules (-9,9 %). La contraction était visible dès le premier semestre, et s'est prolongée tout au long de l’année, malgré quelques mois ponctuellement mieux orientés, dont décembre, mois durant lequel les ventes ont progressé de 20,3 % à 4 428 unités. Durant ce mois-là, ont été immatriculés 166 camions électriques neufs.
Crédit photo : OVI
La catégorie des porteurs totalisait 21 249 immatriculations en 2025, soit une chute d’environ 9,5 %. Celle des tracteurs a suivi une trajectoire comparable, à 22 870 unités, un recul de 10,3 %.
Remontada en décembre 2025
« Tracteurs, porteurs, remorques... en volume, les trois marchés étaient en baisse en 2025 », constate Arnaud Villéger, directeur de l'OVI. A la nuance près que les statisticiens ont noté un second semestre plus dynamique que le premier, et même un mois de décembre 2025 en forme de remontada. « Le marché français du VI de plus de 5 t se situait à -20 % en juin 2025, il est remonté à -10 % à fin décembre », indique Arnaud Villéger.
La carrosserie en baisse
Toutes les catégories de remorques, semi et caisses porteurs enregistrent une baisse des immatriculations en 2025 par rapport à 2024, à l'exception des semi bennes, dont les immatriculations ont progressé à 2 483 unités (+22,6 % en 2025 par rapport à 2024).
Un des effets positifs de cette contraction du marché, c'est que les délais d'obtention des véhicules carrossés sont revenus à la normale. Les mois voire les années d'attente pour exploiter certains VI s'éloignent.
Côté transition énergétique, Arnaud Villéger note que : « les énergies alternatives (électricité, biocarburants et biogaz) n'ont pas cannibalisé le diesel, malgré les efforts des constructeurs pour promouvoir celles-ci ».
Gadin européen
La chute des ventes de camions n'est pas franco-française : les chiffres arrêtés à la fin du troisième trimestre 2025 montrent un recul des immatriculations de VI de plus de 3,5 t en Europe de 10,3 %. Sur douze mois glissants, la baisse est de 7,9 % (303 671 immatriculations), recollant avec la moyenne sur cinq ans (2020-2024) de 302 599 véhicules.
La baisse est globale dans toute l'UE :
- L’Allemagne, pays dominant pour ces immatriculations, s’effondre à -17,9 % sur les trois premiers trimestres 2025.
- L’Espagne, après une très bonne année 2024 à +120 %, recule de 13 % en 2025.
- L’Italie, qui a stagné en 2024 (-0,7 %), recule également de 8 %.
- L’Europe de l’Est et la Pologne, qui s’étaient fortement repliés en 2024 à -18,9 % et -20,9 %, rebondissent sur les trois premiers trimestres 2025, à +5,9 % et +3,4 %.
2026 : un pronostic compliqué
L'un des intérêts du baromètre OVI est qu'il établit des pronostics pour l'année qui débute. Mais là, en 2026 avec le contexte économique irréel, l'exercice s'avère plus périlleux encore que les années précédentes. Arnaud Villéger semblerait même avoir des origines normandes quand il annonce : « on est positif, mais prudent ».
Le directeur de l'OVI justifie cette hésitation par l'incertitude politique, autour notamment du projet de loi de Finances 2026 qui n'est toujours pas voté en France, et aura une incidence notamment sur le dispositif de suramortissement des camions B100 Exclusifs ou ceux roulant au biogaz. Les règlements en attente d'officialisation sont nombreux, à l'échelle française mais aussi européenne. Le climat des affaires est rendu instable par l'attentisme politique national. Quant à la politique internationale, elle n'incite pas à la sérénité. « Le contexte économique est illisible », conclut Arnaud Villéger.
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L'OVI s'est néanmoins risqué aux pronos sur le marché français du VI, et annonce, en fourchette basse pour les plus de 5 t en 2026, une stagnation par rapport à 2025 (44 000 immatriculations) ; et en fourchette haute, une hausse de 5 % à 46 350 immatriculations. Les filiales françaises des importateurs de camions se satisferaient de ces résultats. Le marché n'est pas au plus haut, mais il ne s'est pas non plus complètement affaissé. Durant ces quinze dernières années, s'il a connu un pic à plus de 55 000 immatriculations en 2019, elles se situaient à un niveau de 34 000 à peine en 2010, année de reprise post-crise.
