Les chutes de neige qui ont balayé le pays entre le 5 et le 7 janvier ont eu de lourdes conséquences sur la circulation, mais aussi sur les conducteurs routiers. Par principe de précaution, les préfectures bloquent désormais systématiquement les camions sur des aires de stationnement, voire directement sur le bas-côté des routes ou autoroutes. Des décisions excessives ?
Quatorze départements étaient encore en vigilance orange le 7 janvier en fin d'après-midi. En deux jours, les conducteurs routiers ont été aussi surpris par les flocons que par les forces de l'ordre. Depuis le 5 janvier, une pluie d'interdictions de circulation des plus de 3,5 t ou 7,5 t s'est en effet abattue sur les régions et départements français. Conséquence : bon nombre de conducteurs se sont retrouvés bloqués dans la cabine de leur camion sur les aires de stationnement mais aussi parfois à même le bas-côté des routes. Stanislas Baugé, secrétaire fédéral FO-UNCP Transports et Logistique en charge du transport routier de marchandises, nous livre à chaud son analyse sur la situation.
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Quelles conséquences concrètes peuvent avoir les interdictions de circulation des camions sur les conducteurs ?
A la Fédération, nous constatons que beaucoup de conducteurs se retrouvent bloqués dans leur camion, un peu partout en France. On les arrête au milieu de nulle part, sans avoir accès à un service restauration ou à des sanitaires. Le 6 janvier, des conducteurs normands, bretons et franciliens nous ont raconté avoir été bloqués pendant plusieurs heures dans leur cabine sans aucune explication.
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Que pensez-vous de cette situation ?
Ce n'est pas normal. Les chutes de neige étaient annoncées depuis plusieurs jours. Certaines routes sont impraticables car elles n’ont pas été salées, ce qui n’est pas le cas lorsque nous circulons à l’étranger dans les mêmes conditions climatiques. Dans plusieurs régions françaises, dès qu’il tombe trois flocons les autorités locales arrêtent désormais systématiquement les camions en obligeant les conducteurs à stationner dans des zones qui ne sont pas adaptées.
Quelles solutions préconisez-vous pour éviter que les professionnels de la route ne se retrouvent naufragés de la route ?
D’abord procéder au salage sur l’ensemble du réseau routier afin d’assurer une continuité du transport routier. Ensuite, nous pouvons envisager que les camions soient stationnés, à condition que ce soit dans des zones dédiées, où des sanitaires et une possibilité de se restaurer soient à leur disposition, par exemple sur des parkings de restaurants routiers. En Bretagne, nous avons constaté que la Sécurité civile était intervenue pour fournir des sandwichs et des bouteilles d’eau. Sur l'A16, c'est un commerçant qui en a apporté, avec l'aide des gendarmes ! Malheureusement, tous les conducteurs bloqués en France n'ont pas eu droit à ce régime de faveur...
Dans ce contexte particulier, les employeurs peuvent aussi transmettre des consignes. Le font-ils ?
Il y a des chefs d'entreprise et des chefs d'agence bienveillants, qui informent les conducteurs, et leur transmettent des conseils. La Stef, à Vannes (Morbihan), a demandé à tous les professionnels en circulation de rentrer. Mais dans d'autres boîtes, la consigne reste de rouler tant qu'on n'est pas bloqué... Le dialogue social est compliqué dans le TRM.
Lecteurs et internautes, vous avez été obligé de stationner durant de longues heures duant cet épisode neigeux ? Témoignez sur la page Facebook FranceRoutes(Officiel) !
