L'arrêté du 21/11/2025 paru au JO n°0282 du 2 décembre 2025, modifiant les caractéristiques des plaques d'immatriculation des véhicules faisant l'objet d'une immatriculation provisoire en WW ou en W garage, précise les caractéristiques de celles-ci, obligatoires depuis le 1er janvier 2026.
Une couleur qui se repère
L'objet de cette évolution réglementaire consiste à créer une plaque facilement identifiable d'immatriculation provisoire en WW ou en W garage. Ce nouveau dispositif vise à lutter contre l’usurpation de l’immatriculation des véhicules par l’édition de fausses plaques et à faciliter leur identification et leur contrôle par les forces de l'ordre. Plus de 400 000 immatriculations provisoires par an sont concernées.
La nouvelle signalétique est de couleur rose, et, pour les plaques WW, comporte la date de fin de validité du certificat provisoire d'immatriculation.
Crédit photo : Nicolas Grumel
Dérogation pour les professionnels
La FFC a obtenu une dérogation pour l'utilisation des plaques « W garage » commandées antérieurement. De nombreux professionnels disposent en effet d'un stock d'anciens modèles. Ils ont demandé à la FFC Mobilité Dépannage-Fourrière son assistance pour clarifier la situation, et obtenir une dérogation. En décembre dernier, Alain Bonzi, président de la FFC Mobilité Dépannage-Fourrière ainsi que Didier Dugrand, délégué général de la FFC, ont sollicité Pierre Bazucchi, chef de bureau de la Réglementation et de l'homologation des véhicules (au ministère de la Transition énergétique). « Il y aura en effet une tolérance dans les premiers mois, notamment au premier trimestre, tant pour les W garage que pour les WW, a-t-il répondu à la délégation de la FFC. Cela d'autant plus que les fournisseurs ne pourront peut-être pas offrir ces plaques à tous les demandeurs ». La consigne a donc été passée aux forces de l'ordre de procéder aux vérifications d'usage avec une certaine clémence.
Les fabricants de plaques veulent aller plus loin
Pour aller plus loin, la section Plaques de la Fédération des Industries des Equipements pour Véhicules (FIEV), avec le soutien technique de l'association 40 Millions d'Automobilistes, défend l’adoption d'autres mesures de sécurisation de la délivrance des plaques d'immatriculation. Selon la FIEV, un dispositif simple et économiquement viable renforcerait leur traçabilité sans remettre en cause les circuits de distribution actuels. La fédération préconise de :
- mettre en place un système de sécurisation basé sur la cohérence entre plaque, code fabricant et point de réalisation,
- permettre aux forces de l'ordre, lors des contrôles, de vérifier rapidement la conformité et de remonter au point de réalisation en cas d'anomalie,
- conserver les circuits de distribution existants tout en améliorant fortement la lutte contre la fraude (doublettes, fausses plaques, etc.).
« Si l'État ne peut pas imposer le contrôle d’identité pour la réalisation d’une plaque, nous proposons de sécuriser la plaque elle-même, traduit André Bouchenoire, président de la section Plaques de la FIEV. La plaque d'immatriculation est un moyen d'identification des véhicules : la sécurisation de son processus de réalisation et de délivrance est indispensable. Chaque année, des milliers d'automobilistes sont victimes de doublettes. Il est nécessaire d'agir collectivement pour protéger les usagers contre cette fraude ». La FIEV appelle désormais le gouvernement à un travail concerté entre autorités publiques, fabricants et associations pour franchir cette nouvelle étape et traduire ce projet par un décret afin de protéger efficacement les millions d'automobilistes français contre ces fraudes.
